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 Echizen Kojima | Terminé

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MessageSujet: Echizen Kojima | Terminé   23.04.17 1:37
Echizen Kojima

Nom : Kojima
Prénom : Echizen
Age : Dix-sept ans.

Nationalité : Japonais.
Orientation sexuelle : Asexuel mais pas aromantique.

Groupe : Why so serious ?

Classe : Deuxième année de lycée
Club : Journalisme.
Situation financière : Plein aux as.
Baito / Fonction : /
Logement : Internat.

Personnage de l'avatar ? Ōma Kokichi - Dangan Ronpa v3.

Keep a secret ? Le fait qu'il ait dû mettre les pieds dans un hôpital psychiatrique pour y être interné.
Si on te dit "TheWatcher" tu réponds? Que "TheWatcher" n'est pas une question, donc j'attends la suite ou j'enchaîne sur quelque chose d'autre. Sinon que c'est une donnée à prendre en compte, comme le prouve l'observation empirique, mais qu'elle n'est pas synonyme d'information correcte et ne peut à ce titre être interprétée comme tel. De fait, je ne m'en soucie pas et les autres ne devraient pas s'en soucier non plus. Sauf que, vu qu'ils le font visiblement, j'en suis venu à avoir peur de ce qu'il pourrait répandre, de ce qu'il est capable de dire, et de la manière dont cela influence. Je n'ai pas envie de faire l'objet de rumeurs que les autres croient.

En apparence je suis ...

 Vivant, de sexe masculin, et appartenant au genre humain, l’individu est nommé Echizen Kojima. Celui-ci, âgé de dix-sept printemps, n’a pas fini sa croissance. Il est toutefois possible d’indiquer qu’il culmine actuelle jusqu’au mètre soixante-cinq et qu’il subvient suffisamment à ses besoins primaires de nourriture pour que son poids ne soit pas anormalement bas et que celui-ci reste correcte. Malgré tout, il reste maigre – même en mangeant – et ses muscles – qu’il ne sollicite que peu – ne sont pas développés, sa force physique globale semblant inférieure à celle des autres membres de son espèces ayant à peu près son âge et du même genre. Une comparaison efficace de ces forces reste toutefois impossible puisqu’il est nécessaire de prendre en compte le fait qu’il est affecté par quelques problèmes de coordination motrice faisant entre autres que, s’il sait marcher sans tomber par terre et porter des objets, donner un coup de poing correctement est hors de sa portée. Il semblerait que ces difficultés motrices ne se manifestent généralement qu’au cours de l’exercice sportif ou des réactions faisant appel à des réflexes, l’individu en question ne semblant pas être très spontané au naturel.

 Divers détails tels qu’un grain de beauté aisément visible au dos de sa main droite ainsi qu’un autre là où le cou se change en menton permettent la reconnaissance d’Echizen Kojima, et semblent des critères pertinents pour celle-ci. En cas de doute – ou d’impossibilité à observer la chose, il est également possible de se référer à des critères non-pérennes, tels que ses cheveux qu’il a teint dans un violet sombre que l’individu lui-même appelle zinzolin – terme auquel il semble étrangement attaché, comme si celui-ci présentait un quelconque intérêt, donc veillez à l’utiliser en cas de contact – ou encore des yeux aux reflets violacés, ses pupilles étant cachées derrière des lentilles solaires qu’il porte en permanence. Il peut être intéressant de pointer le fait qu’il oublie souvent d’enlever ses lunettes pour écrans lorsqu’il est à l’intérieur et que, dès que le soleil atteint son zénith, il les troque pour une paire de lunettes de soleil, paire qu’il oublie également fréquemment d’enlever.

Son accoutrement, ou pour le dire autrement son style vestimentaire, a l’air classique en premier abord puisque les couleurs dominantes n’en sont justement pas ; il se vêt de noir et de blanc, principalement. De même, si quelques accessoires comme des écharpes, des foulards, etc… viennent parfois agrémenter ces tenues en y ajoutant une pointe de couleur, ceux-ci restent assez éloignés de ce que l’on pourrait qualifier d’excentrique. En revanche, les divers pins plus ou moins colorés et aux slogans tantôt simples tantôt obscurs seraient, eux, plutôt du genre à appartenir à un autre âge. Une constante tout aussi étrange doit également être soulevée dans le fait que cet individu n’a été vu que portant des ensembles asymétrique, ce qui laisse supposer une volonté de sa part dans le phénomène, avant de conclure ce rapport sur l’apparence physique de celui que l’on appelle Echizen Kojima.


Et à l'intérieur ...

 Je suis plus réel que les autres. Je fais l’expérience du monde, et c’est à travers moi que ce monde est expérimenté, est perçu, puis compris. Le reste n’est que déformation de la réalité que j’applique inconsciemment ou non à celle-ci pour pallier le manque d’information dont je dispose et l’incertitude associée à cette information. J’aimerai vivre avec plus d’information, avoir confiance en moi. Sauf que c’est impossible. Les autres êtres humains semblent le faire. Ils sont heureux, ne se posent pas de questions. Ils ne réfléchissent pas à ce que veut dire le fait d’exister. Aux limites de notre savoir, de nos expériences. Et ça n’est pas grave, c’est un comportement normal que celui-là. Je dirai même que ce comportement est bénéfique pour l’être humain, puisqu’il permet de se détacher du poids de questions qui ne constituent qu’un puit sans fond dont on ne peut sortir. Pourtant, moi, je n’y arrive pas. Et je déprime, et je me languis, et je tangue entre réalité et absence de celle-ci.

 Ai-je le droit de blesser l’autre ? L’acte souverain de mon esprit sur l’autre le déforme déjà, le défigure même dans la représentation dont je m’en fait. Ne s’agit-il pas là d’un acte violent entre tous, que l’on nous force à commettre ? Lorsque les autres me voient, ils ne me considèrent pas pour ce que je suis, et ça fait mal. Je sais que quand on me décrit comme intelligent, que l’on mentionne les tests de Q.I et tout cela, on se forge une image de moi. Mais je ne suis pas cette image, je ne suis pas cette personne douée qui sait tout faire et est bien dans sa peau. Je veux bien accepter que les tests disent ce qu’ils disent, mais ce n’est pas pour cela que ça marche. Et je ne veux pas de cette vision de moi. Je ne veux pas qu’on me fourre ainsi dans une position qui m’est peu confortable. Alors, de temps en temps, j’explose. Parce que j’ai mal, parce qu’autrui attend de moi et ne me le rend pas.

 J’ai essayé de satisfaire les exigences des autres. On m’a comblé de louanges lorsque, petit, je réussissais en cours même s’ils m’ennuyaient. On m’a complimenté et encouragé lorsque j’ai commencé à m’intéresser à d’autres questions, plus délicates. Puis on m’a trahi. Parce que l’autre ne sait faire que ça, trahir. Sauf qu’il ne le veut pas, qu’il ne le fait jamais réellement – parce qu’il ne se trahit pas lui-même. Et ce, alors qu’il est obligé de me trahir, de s’extirper de cette représentation que je me fais de lui. Lorsque je lui parle de ce que j’aime, lorsque je fais ce qu’on attendait auparavant de moi, on s’éloigne. Personne ne veut être corrigé, personne ne veut que l’on se jette sur le moindre mot pour le décortiquer et le critiquer. Mais je ne peux m’en empêcher. Alors je fais de mon mieux pour ménager le monde et me ménager moi-même. Après tout, ils ne sont qu’une partie de mon imagination, qu’une déformation. Et derrière ça, se cache quelque chose que je ne peux connaître, que je ne peux prévoir, et qui invariablement réduira l’image que je m’en fais en éclat. J’ai peur de cet inconnu, une peur ridicule il faut bien l’admettre, mais dont je ne peux me débarrasser. Alors, je ne fais pas qu’exploser, mais je cherche une forme de chaos, de vérité. Parce que ce n’est pas dans l’apparence qu’on peut trouver de quoi construire une image forte.

 Je pose des questions, et les autres reculent. Elles ne sont pas appropriées, ne correspondent pas aux conventions sociales en vigueur, ce qui leur fait peur. Mais ce que je veux moi, c’est me connecter réellement avec quelqu’un. Même si je sais que je douterai toujours parce que mon cerveau ne sait faire que ça, je ne peux m’empêcher de chercher ce genre de connexion et de souffrir – en silence ou non. Ce que je veux, ce que je désire, c’est la réalité pour ce qu’elle est, pas pour la manière dont je la perçois. Mais je n’y arrive pas, je recule, et, face au mur, je réagis parfois de manière impulsive malgré mon tempérament d’ordinaire réfléchi. Alors j’affirme la réalité en moi, le fait que ce monde existe et qu’il m’impacte. Et que même s’il n’était pas, étant donné qu’il peut me blesser, il m’est nécessaire de tenter de le comprendre et de le dompter. Dans ces moments, j’en viens parfois à me blesser volontairement.

 Sinon, je m’échappe. J’essaie de passer en mode off, même si c’est quelque chose qui marche très mal. Pour ça, je n’ai qu’une seule option, et c’est de me laisser emporter par mes passions, les suivre encore et encore. Ou répéter quelque chose en boucle et faire un mouvement en continu pour occuper mes sens. Ce que j’aime, c’est lancer un objet en l’air et le rattraper. Souvent ça ne marche pas mais plus je le fais et plus j’arrive à le rattraper et à me calmer. Je peux m’amuser à prédire comment va bouger la balle, où elle va tomber, même si je n’arrive pas à replacer ma main comme il faut.

 À part ça, ce sont les jeux. Pas les jeux vidéo, mais ceux qui nécessitent un plateau et des dés, même si je déteste le hasard. En vrai, je préfère ceux où le hasard n’a pas sa place, mais personne ne veut y jouer avec moi. Ou alors c’est que j’ai arrêté de chercher parce que je ne trouvais personne qui valait la peine de jouer. Là où le hasard existe, même s’il est hautement énervant, il me permet au moins de chercher comment le rattraper, comment le pousser à bout et le vaincre. J’aime gagner. J’aime trop gagner, ce qui n’est pas bien, je le sais, et pourtant ça me fait plaisir. Et ce plaisir, ce plaisir malsain, je n’arrive pas à l’aimer – même s’il me comble tout de même. J’ai une mauvaise opinion de moi, je me trouve détestable sur certains points. Et, pourtant, profondément humain. Et j’aime bien les autres parce que ce n’est pas de leur faute, au final, comme ce n’est pas de la mienne, si on est différents. Mais ça me fait souffrir.

 L’une des questions qui me tient le plus à cœur, c’est de savoir pourquoi l’altruisme existe, qu’est-ce qui rend un comportement altruiste stable dans le contexte de la course à l’évolution. Quand et comment réussit-il à prendre le pas sur un acteur égoïste ? Lorsque l’on participe à un jeu, même celui de la vie, il est extrêmement intéressant de savoir comment gagner, comment empocher le plus et en sortir dans la meilleure position. Parce que mon prochain n’est pas moi et que sa victoire n’est pas la mienne. Sauf que, que je choisisse un comportement ou un autre, que j’essaie d’agir selon une théorie ou une autre, l’état d’équilibre optimum qui devrait exister quelque part n’est jamais atteint. Et alors que je vois nombre de mes semblables réussir, moi, j’échoue. Ou, en tout cas, j’ai l’impression que j’échoue, que tout est trop distant. Et c’est malaisant, ça me dérange. Pourtant, je n’arrive pas à m’en extraire et, même s’il me semble qu’être autrui pourrait m’aider, je ne puis m’empêcher d’être moi, prisonnier de mon essence – celle que les autres ne peuvent voir et qu’ils déforment, ce que je déteste même si cette déformation est positive. Car, au final, ce qui est haï, apprécié, aimé, ce n’est pas moi. Et ça, j’en suis conscient, bien trop conscient. Même s’il ne s’agit sans doute qu’une de ces crises existentielles qui apparaissent au cours de la vie, elle se présente chez moi avec trop d’ampleur pour que je lui échappe – et sans que mon passé ne soit tel qu’elle m’apparaisse passagère.


Once upon a time ...

 Mars, c’est une planète du système solaire. Mercure aussi, tout comme Uranus. Et la Terre, c’est une autre planète du système solaire. De gigantesques amas d’atomes, maintenus par des forces de manière à former des ensembles cohésifs à un instant t, mais éternellement changeants face au passage du temps. Tous ces atomes, on les décrit parfois sous des termes poétiques, tels que celui de « poussière d’étoile ». Si nous somme bien fait de poussières d’étoile, la conclusion logique est que la Terre est une autre planète, que ce n’est pas parce que nous avons vécu dessus que nous lui appartenons. Que ce n’est pas parce qu’elle est, qu’elle est formée d’atomes, que ceux-ci lui appartienne, et que de fait la Terre est étrangère à elle-même, comme l’homme est un autre lorsqu’il prend le temps de réfléchir à son comportement, et à la manière dont ce qu’il perçoit de lui-même n’est pas lui-même. Dans de tels conditions, comment pouvons-nous dire que nous sommes chez nous sur Terre, sur cet amas de tout et de rien, ce grand bazar dans lequel provenance et naissance s’enchâssent dans une complexité effarante ? Nous sommes tous des étrangers. Mais certains naissent plus étrangers que d’autres et, pour eux, malgré la naturalisation par le sol, ils viennent dans ce monde-ci sans, pourtant, avoir l’impression d’y appartenir, d’y vivre. Parce qu’il y a les autres humains et qu’eux, ils sont différents. Mais, eux aussi, ils sont humains.

 Echizen Kojima. Lui aussi a fini par se retrouver sur cette Terre, sans n’avoir rien demandé – ce qui ne veut pas dire qu’il ne voulait pas y être – et, pour lui, tout sembla se passer de façon normale dans un premier temps. Il vivait, respirait, bref était en bonne santé pour un nouveau-né, qui n’avait pas d’obligations envers le monde et autrui, qui était encore libre de ses actes. Une famille riche, mais pas vraiment exigeante en termes d’éducation, c’était ce qu’il pouvait trouver de mieux, selon les dires de certains – d’autres auraient brandis des modèles de reproduction des classes, auraient proclamé que le peuple devait se lever et se saisir des moyens de production et que toute forme de bourgeoisie par l’argent était fondamentalement mauvaise, et ceux-là n’auraient sans doute pas été de cet avis. En tout cas, on pouvait espérer qu’il réussisse, justement, et qu’il puisse profiter des plaisirs de la vie, ceux qui, de nos jours, sont encore trop cachés derrière des barrières matérielles – celles-là même qu’il n’aurait pas de mal pour franchir. Et, effectivement, tout se passa bien au début. Avant que les difficultés ne fassent surface, que les subtilités de l’indicible et du sous-entendu ne viennent s’ériger en face de sa route, et que la ronde de lumières et de sons que le monde moderne nous jette à la figure, toujours plus intense, n’apparaisse comme lui faisant mal, comme allant à l’encontre de son bien-être, et menaçant la paix des jours futurs.

 La systématique, science à travers laquelle sont classés les uns par rapport aux autres des taxons, ensuite assemblés dans des regroupements, des familles, des genres, des règnes, c’est une preuve de la volonté qu’à l’homme de classifier, d’expliquer, de distinguer et de rapprocher ce qui l’entoure – et qui pourrait être considérée comme proche de la réalité du langage, dans lequel mot et mot s’emboîtent et les définitions s’entrecoupent et se recroise, faisant de la nature même de la communication humaine le lieu de ces divisions et agrégations. Naturellement, on cherche à nommer, à trouver d’autres choses semblables, à les regrouper sous différents termes avant qu’on n’en vienne à s’apercevoir qu’elles ne sont pas identiques, que l’ensemble que l’on a construit manque de cohérence. Dans ce cas, on recommence, on remanie, et, ainsi, le monde médical évolue sans cesse, tout comme celui du vivant, dans la manière dont ils sont perçus par l’homme – choses qu’ils n’ont en rien décidé et qu’ils ne peuvent que subir. Alors, Echizen aussi, on lui colle des noms, des étiquettes, on le classe avec des appellations qui durent un temps, puis on le déclasse avec d’autres, mais rien d’adapté. Alors, il souffre. Il continue de souffrir, dans son coin – en silence ou non. Mais malgré ça, il est heureux. Car la vie, c’est une alternance de hauts et de bas, qu’il aime jouer, qu’il aime lire, qu’il aime parler à en embêter celui qui l’écouter à force de trop lui en demander. Mais il n’est toujours pas rangé dans la bonne boite, l’incertitude est toujours présente. Q.I. trop important, ADHD, schizophrénie et même borderline. On accole les termes, les uns après les autres, sans que la cause ne soit la bonne, sans que ceux-ci n’aient la moindre valeur. Parce que, pour la plupart, ils sont tout simplement faux. On ne comprend pas, ou on refuse de comprendre, et on en vient à murmurer des indicibles. Hôpital psychiatrique, entre autres. Parce qu’il ne réagit pas comme les autres, qu’on ne comprend pas pourquoi il se bouche les oreilles, pourquoi il s’obstine à fermer les yeux dans la cour, lorsque vient midi. Il est anormal et puis c’est tout, alors on l’enferme. Et que lui, en attendant, il a mal. Ou alors, il ne parle pas et réfléchit. Des fois, il tente d’expliquer, mais ça ne marche pas, ça ne donne pas ce qu’il veut, parce qu’on ne fait pas confiance à ce qu’il dit, à la manière dont il fait l’expérience du monde. Parce que ce n’est pas comme ça. Donc, effectivement, c’est la case de l’hôpital psychiatrique qui finit par arriver, malgré de bons résultats en cours. Après tout, le reste semble détraqué, au grand dam des parents qui ne veulent pas en arriver, sauf que les médecins ne semblent pas leur laisser de choix – ils en ont, bien sûr, mais les discours étant ce qu’ils sont, et les humains ce qu’ils ressentent, ils se sentent oppressés vers ce qui est la meilleure solution, la seule même.

 Le temps est perdu, ce temps qui file entre les doigts de qui tente de le saisir. Ces hommes en blouse blanche n’empêchent pas de jouer, de s’amuser, de faire des choses. Ils ne sont là que pour ces crises qu’on ne sait gérer, que pour ce pour quoi on l’a enfermé dans un bocal, comme un spécimen vivant à observer et à étudier. Pourtant, lui, il ne peut pas étudier. Tout ce qu’il fait, c’est perdre ainsi une année, une année pendant laquelle il est obligé de s’enfermer, de couper le reste du monde et de se réfugier dans lui-même, au sein de son esprit, de jeux, d’inventions de son fait, ou de potentialités qui lui sont offertes vu qu’il fonctionne tout de même à peu près correctement la plupart du temps. Un an avant que, finalement, les gens ne se rendent compte du véritable problème, de ce qui ne va pas chez lui, de ce qui cloche et l’empêche d’avancer. Et que toutes ces étiquettes qui ne s’attachaient guère, à l’image de celles que l’on colle automatiquement, se trouvent remplacées par une petite plaquette, plus robuste, plus résistante, sur laquelle on pouvait lire un simple mot, un simple nom, même « Asperger ». Ou une forme d’autisme de haut niveau fonctionnel – ce qui peut rester à nuancer, vu l’endroit où il s’est retrouvé. Mais la vie est ainsi que, parfois, ceux-ci subissent des parcours semblables, des séjours plus ou moins brefs dans des institutions destinées à essayer de les remettre sur pieds, avant qu’on ne comprenne enfin le problème, que l’on aille au cœur des choses et que la pelote qu’un chat avait soigneusement emmêlée ne soit reconstituée pour que tous puissent la voir, comme l’évidence qu’elle est.

 Puis la vie, celle qui est normale, pour peu qu’il en existe une qui le soit, reprend son cours, propre à elle-même, comme avant. Mieux qu’avant, même puisqu’il est des évènements que l’on empêche plus facilement lorsque l’on en connaît la cause, lorsque l’on comprend ce qui en est l’alpha et l’oméga – et que l’on se tient loin de tout cela, de toutes ces choses qui énervent et font se replier sur soi, en boule, jusqu’à explosion du volcan qui gronde en l’homme, de toutes ces sensations, transformées en émotions fugaces, éphémères, et explosives dans leur intensité, comme toute incarnation que l’on pourrait imaginer.  Elle est rythmée par un quotidien qui s’impose peu à peu, des mesures qui se prennent à l’égard de ce soleil qui dérègle toute notion de luminosité, de cette foule qui aime s’épandre en cris et hurlements aussi perçants qu’imprévisibles. Des choses qui sont nature, et qui blessent. Des choses qui sont humaines, et qui blessent. Parce que tout le monde finit par se blesser, et que tout peut causer des souffrances. Pourtant, tout n’est pas comme la rose, justement parce que le monde reste le monde et que, quoiqu’il soit fait, il n’est pas question de le sublimer ou de le changer, d’en dérégler les rouages pour un pitoyable humain qui n’en a, de toute façon, pas les moyens. Et le cœur des hommes étant prompt à toute sorte de choses, et ceux quelque soient ces hommes, tristesse, langueur, difficultés métaphysiques et tout un tas de choses finissent par poindre à leur tour le bout de leur nez. L’Utopie rêvée n’existe pas, les choses sont claires, et elle n’existera pas, les faits sont formels.

 Les gens, ils ne comprennent pas les autres. Ils les déforment, les modèlent selon leur propre spectre de la réalité. Alors, à force de ne pas réussir à transmettre ce que l’on dit, à convaincre de ce qui est, des multiplicités de l’expérience, de toutes ces choses complexes qui touchent à la conscience des hommes et font qu’un et un autre ne sont pas uniques ni identiques, on en vient à d’espérer, à abandonner, à rejeter l’autre, à rejeter ce monde. Et, pourtant, paradoxalement, parce que c’est là qu’on a toujours vécu, parce que c’est le lieu où tous nos espoirs se sont concentrés, ont pris leurs ailes et sont morts en s’enracinant dans la terre, chutant à la manière d’Icare, l’attrait reste. Et l’on veut des autres, on veut du monde. Ce qui fait qu’on se trouve au précipice du réel, à ne plus savoir quoi faire, où donner de la tête, à être perdu et à se perdre tout seul, et à se faire perdre en suivant les autres. Ce n’est pas le cas pour tout le monde, certes, loin de là, même. Mais il n’empêche que ça peut être le cas – et que ce cas ne doit pas être rejeté, qu’il est l’une des nombreuses potentialités à travers lesquelles s’exprime la vie humaine, et l’univers tout court – mais c’est le cas pour Echizen. Et les faits les plus courants, les plus simples, n’y changent pas grand-chose, ne vont pas à l’encontre des différences qui ébranlent la compréhension entre les hommes, de ces aspérités d’où naissent diversité, éloges, création, espoir, mais aussi souffrance, tristesse, désespoir, et nihilisme. Rentrer à Seika n’est qu’une expérience parmi les autres, lorsque l’on est seul – ou que l’on se sent, quelle est la différence ? – et que l’on continue à vivre et à être soi. Pourtant, il ne lui viendrait jamais à l’idée de mettre fin à ses jours, de pleurer toutes les larmes de son corps ou quoi que ce soit du genre. À la place, conscient de son absurdité mais aussi de celle des autres, il continue de fonctionner comme il est, sans pouvoir changer tout ce qui est, sans être libre maître de son corps et de son essence, comme tout un chacun. Et cela lui va bien, même s’il est facilement en facilement en peine. Parce qu’il sait aussi être joyeux. Parce qu’il sait se faire des amis, même s’il doute, qu’il pense trop, et qu’il finit par nier les choses, puis nier la négation des choses avant de recommencer. Parce qu’il peut jouer, aussi, à ces jeux qu’il apprécie tant, qu’il peut apprendre, qu’il continue à vivre et à être, en somme.

 Si les autres ne sont pas lui, qu’il n’est pas les autres, et que les autres ne sont pas non plus les autres, et que rien ne fait sens alors que, pourtant, le sens est partout, ça n’est pas grave. Chaque individu, lui compris, n’est un jeu de langage particulier, unique en son genre, qui s’exprime et évolue parmi d’autres, tentant de les prendre en compte, d’en comprendre tous les aspects – ou même de comprendre tout court – mais se retrouvant face à l’absence du langage commun unificateur que certains cherchèrent à trouver via ruse, raison, et logique. Alors il est là, et ça lui suffit. Il se sent mal et ça lui suffit. Il n’arrive pas à se connecter, à passer les barrières naturelles, et ça lui suffit. Des fois, il y arrive, et ça ne l’empêche pas de penser qu’il échoue, et vice versa. Seika n’est pas un enfer et il s’en sort relativement bien – ça, il peut le remarquer sans soucis. Sa vie antérieure n’en était pas un non plus, pourtant, il y a toujours cette ombre qui plane autour de lui, celle qu’Echizen ne veut voir. Sa vie sociale n’est pas sa plus grande réussite, qu’à cela ne tienne, mais il ne veut pas que l’on vienne à apprendre qu’il a vécu dans un établissement pour ceux avec des problèmes mentaux, ceux que l’on ne comprend pas et qu’on fourgue là pour éviter qu’ils ne posent problème par la suite. L’image qu’on les autres de lui ne lui correspond, n’a pas de sens concret absolu qui dépasse ce qu’il est pour le définir en lieu et place de lui-même, mais il est sensible à celle-ci – même si elle n’est pas forcément parfaite. Parce que ça lui fait mal, toutes ces déformations, tous ces jugements. Et que ceux qu’il peut deviner sur ce qu’il tait, il a peur qu’ils lui tordent l’âme.


Le joueur
Prénom / Pseudo : Fournaise.
Age : 22 ans.
Ancien ou nouveau ? Avant j'étais Naoya Natsume. Mais ça, c'était avant.
Comment avez-vous connu le forum ? Keiko.
As tu bien lu le règlement ? OK --S
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avatarSky LeeMa sorcière bien ratée
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Carte ID
Age: 23 ans
Classe / Job: Prépa L / stage dans un journal
Logement: Shibuya
MessageSujet: Re: Echizen Kojima | Terminé   26.04.17 1:05
:Sky: Coucou Ecchi! Re-bienvenue parmi nous! Fiche développée et très complète, rien à dire comme toujours Very Happy TU ES DES NÔTRES!

Classe: 2ème année de lycée
Groupe: Why so serious?
Logement: chambre 2 (petit veinard, tu es avec Kimira Kurama, soyez bons amis!~)
Club: Journalisme

Voilà voilà des bisous et amuse-toi bien ^^

✗ ✗ ✗ ✗ ✗ ✗ ✗

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Echizen Kojima | Terminé
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